C'est une conversation que j'ai plusieurs fois par an. Quelqu'un veut changer de prestataire, ou simplement récupérer son site, et s'aperçoit que rien n'est à son nom. Le sujet n'est pas agréable, mais il se règle en dix minutes tant que tout va bien, et en plusieurs mois quand ça va mal.
Un site, ce n'est pas un objet unique. Ce sont quatre choses distinctes, et elles n'appartiennent pas forcément à la même personne.
1. Le nom de domaine
C'est votre adresse, votreentreprise.fr. C'est de loin le plus important, parce que c'est lui que vos clients connaissent, lui qui porte vos adresses e-mail, et lui que Google a indexé pendant des années.
Il doit être enregistré à votre nom, avec votre e-mail à vous comme contact. Un domaine déposé par un prestataire au nom de sa propre société vous laisse sans recours le jour où vous partez fâchés.
2. L'hébergement
C'est l'endroit où vos fichiers sont stockés et servis aux visiteurs. Un prestataire peut légitimement l'inclure dans son offre, et ce n'est pas un problème en soi.
Ce qui devient un problème, c'est de ne pas savoir chez qui vous êtes hébergé, ni comment y accéder. Vous devez au minimum connaître le nom du prestataire, et pouvoir obtenir une copie complète du site sur simple demande.
3. Le code et le contenu
Vos textes et vos photos vous appartiennent, cela ne se discute pas. Le code, lui, dépend de ce qui est écrit dans le contrat, et beaucoup de contrats ne disent rien.
Sur les sites que je livre, le code est à vous, et vous pouvez le confier à quelqu'un d'autre quand vous voulez. Ce n'est pas de la générosité : un client qui reste parce qu'il est coincé n'est pas un client satisfait.
Attention à un cas particulier : sur un constructeur en ligne, le site n'est transférable à personne. Ce n'est pas un mauvais choix pour autant, mais il faut le savoir avant, pas après.
4. Les comptes autour du site
C'est celui qu'on oublie systématiquement, et il coûte parfois plus cher que le reste.
- La fiche Google Business, avec vos avis. Des années d'avis perdues ne se rattrapent pas.
- Google Search Console et les statistiques de visite.
- Le compte de messagerie professionnelle.
- Les pages Facebook et Instagram, où vous devez figurer comme administrateur.
Sur chacun, vérifiez que vous êtes propriétaire, et pas simplement invité par quelqu'un d'autre. Un accès prêté se retire d'un clic.
Le tableau à remplir aujourd'hui
| Élément | À quel nom ? | Comment le vérifier |
|---|---|---|
| Nom de domaine | Le vôtre, obligatoirement | whois.nic.fr, ligne titulaire |
| Hébergement | Le vôtre ou celui du prestataire | Demandez la facture ou l'accès |
| Code et contenu | Le vôtre | Relisez le contrat, sinon demandez un écrit |
| Fiche Google Business | Le vôtre | Rôle « propriétaire » dans les paramètres |
| Statistiques | Le vôtre | Vous devez pouvoir ajouter quelqu'un vous-même |
Si ce n'est pas à votre nom
Dans la grande majorité des cas, ce n'est pas malveillant. C'est un prestataire qui a tout créé avec ses propres accès parce que c'était plus rapide, et qui n'y a plus repensé. Une demande écrite et polie suffit presque toujours, et elle se fait au mieux avant même de lancer un projet.
Faites-la maintenant, tant que la relation est bonne. Une demande de transfert au moment d'un désaccord se traite beaucoup moins bien.
Et si vous ne savez pas par où commencer, envoyez-moi l'adresse de votre site. Je vous dis ce que je vois de l'extérieur, sans engagement.